Pavillon moderniste des années 1960-1974

Pavillons modernistes

Date de publication

19 mars 2025

Pavillon mitoyen

Pavillon mitoyen

Pavillon mitoyen

Pavillon mitoyen

Pavillon avec rez-de-chaussée de style régionaliste

Pavillon avec rez-de-chaussée de style régionaliste

Pavillon individuel annnées 1960

Pavillon individuel annnées 1960

En quelques mots …

Caractéristiques principales
Période de construction Entre 1960 et 1974
Habitat
  • Logement individuel ou mitoyen par 2

  • Souvent sous forme de lotissement

Taux de représentation sur la Métropole Rouen Normandie Environ 19,9 % des bâtiments et 9 % des logements

Enjeux patrimoniaux

Eléments remarquables sur les façades à préserver :

  • Façades symétriques

  • Pavillon RDC sur sous-sol ou RDC+ 1 à 2 niveaux avec combles aménagés. Le traitement différencié du sous-sol le cas échéant est fondamental dans la description identitaire du modèle.

  • Encadrements des ouvertures parfois marqué, ou appui de fenêtre marqué. Le traitement des portes d’entrée ou garage est à considérer comme important du fait du peu d’animation des façades.

  • Décors sobres ou inexistants : dessin d’enduit ou parement

  • Souvent au sein d’un quartier homogène ou lotissement (ensemble de maisons semblabes)

Modes constructifs
  • Mur porteur parpaing creux et brique creuse (avec lame d’air)+ enduit

Matériaux en façade

Enduit, parement

Matériaux de structure

Béton (parpaings creux)

Caractéristiques architecturales remarquables

Habitat :

  • Le type se décline sous deux formes urbaines dans la métropole rouennaise :

    • Pavillon individuel unitaire

    • Maisons mitoyennes (par 2 ou par 4)

Styles architecturaux, modes constructifs et matériaux principaux :

Le pavillon moderniste est standardisé. On le trouve sous forme individuelle ou accolé (maisons mitoyennes).

Tous deux présentent généralement un sous-sol (accueillant à l’époque la cuve à fioul, et servant de garde manger et de garage). Ainsi qu’une toiture à 2 pans (combles aménagés mais mal isolés) ou 4 pans.

Le mode constructif est le mur en parpaings de béton creux, souvent doublés d’une brique creuse plâtrière (laissant une lame d’air en guise d’isolant). Le sous-sol semi enterré peut être en pierres ou moellons.

Description architecturale et éléments remarquables et caractéristiques esthétiques du type :

Structure :

  • Les pavillons sont édifiés en parpaings creux de béton (souvent doublé d’une brique creuse et d’un enduit en plâtre en intérieur). Un enduit ou parement extérieurs vient donner son aspect lisse à la façade
  • On trouve très généralement un sous-sol semi enterré qui s’accompagne d’un escalier et d’un perron pour un accès direct au rez-de-chaussée. Le séjour peut être prolongé d’un balcon.
  • Le plancher entre le sous-sol et le rez-de-chaussée sont en dalle béton (poutrelles et hourdis)

Volumétrie et compacité :

  • Constructions au volume simple souvent parallélépidédique, organisé en 2 pièces et un couloir en largeur. Parfois en L.

  • Taille comprise entre 70 et 150m² environ (sur plusieurs niveaux)

  • Les constructions sont implantées au centre de la parcelle avec jardin. Dans le cas de maisons mitoyenne, elles sont implantées en limite séparative de la mitoyenneté pour conserver un espace de jardin devant et derrière.

Façades :

  • Les façades présentent une composition sobre, souvent rythmée par deux à quatre fenêtre identiques et alignées (avec éventuellement un bandeau marqué). Elles sont recouvertes d’un enduit ou éventuellement d’un parement. Le sous-sol peut être traité différemment au rez-de-chaussée (silex ou moellons par exemple).

  • Les modénatures sont rares, on peut trouver des encadrements de fenêtre préfabriqués ou des appuis de fenêtres. Les portes d’entrée ou de garage font partie des éléments d’animation de la façade.

  • Les façades d’un même quartier (lotissement) sont généralement homogènes voire identiques

Ouvertures :

  • Les ouvertures sont plutôt petites par rapport à la surface de mur
  • Les fenêtres sont généralement plus larges que hautes ou carrées
  • Portes de garage en cas de sous-sol

Toitures :

  • Les toitures sont à deux ou quatre pans en tuiles mécaniques ou ardoise fibro-ciment

Dessin de façade

Dessin de façade

Précautions principales pour des interventions de réhabilitation ou de ravalement

Réhabilitation architecturale et thermique

  • Avant toute intervention, il est essentiel de dresser un diagnostic architectural pour identifier et préserver les éléments remarquables de la façade : encadrement et alignements de fenêtres, homogénéité avec le quartier, etc. Ces éléments participent fortement à l’identité patrimoniale du bâti et doivent être conservés en un ensemble homogène.

  • Attention, les toitures fibro-ciment, les enduits, les plaques ou revêtement de sol et faux plafonds ainsi que les conduits et gaines et leur calorifugeages contiennent probablement de l’amiante. Réalisez un diagnostic amiante et faites intervenir un professionnel (entreprise certifiée pour retrait ou confinement).

  • On pourra privilégier l’isolation thermique par l’extérieur qui permet de traiter les nombreux ponts-thermique et d’atteindre de meilleures performances énergétiques. Rester vigilent à ne pas dénaturer l’esthétique de la façade (en conservant les mêmes gammes de couleur d’enduit par exemple, les proportions d’ouverture et de mur plein ou encore la différenciation du sous-sol). Veiller à conserver une largeur de débord de toit suffisante pour assurer le rôle de chasse-pluie.

  • Isoler les comble sous la toiture (entre et sous les chevrons) ou en employant la méthode du sarking (au-dessus de la toiture actuelle).

  • Dans le cadre d’un changement de menuiseries, changer simultanément l’ensemble des menuiseries d’une même façade pour conserver l’homogénéité. Penser à l’intégration des organes de ventilation si nécessaire.

  • Par ailleurs, en cas d’intervention qui améliore l’étanchéité à l’air du bâtiment (travaux de rénovation énergétique par exemple), il conviendra d’installer une ventilation mécanique garantissant un débit d’air hygiénique minimum pour prévenir des dégradations à l’intérieur des logements, liées à une accumulation d’humidité.

  • Il est recommandé de prendre conseil et de se faire accompagner par un professionnel qualifié pour toute intervention de réhabilitation ou de ravalement de façade sur une façade remarquable.

Objectif : Concilier réhabilitation thermique et préservation de l’identité architecturale et patrimoniale

Il est indispensable d’effectuer un diagnostic architectural avant d’intervenir sur le bâti, afin de préserver au maximum les éléments qui participent à son identité architecturale et patrimoniale.

Concernant les façades sur rue :
  • On pourra conserver ou réinterpréter les matériaux d’origine mis en œuvre au niveau de la façade (conserver les couleurs d’enduit).

  • Réparer les éléments de façade qui le nécessitent.

  • Rythme des ouvertures : conserver les ratios de surfaces vitrées par rapport à la surface de mur plein, les dimensions des menuiseries et leur positionnement pour respecter l’harmonie d’ensemble de la façade. Attention à l’épaisseur finale de l’ébrasement des ouvertures qui peut concourir à limiter fortement l’apport de lumière naturelle.

  • Menuiseries : Si un remplacement est nécessaire, choisir des modèles qui reprennent les caractéristiques des menuiseries d’origine (nombre de vantaux, matériaux, couleurs).

  • Volets : remplacer par des modèles similaires (matériaux, couleur).

Concernant les toitures :
  • Conserver l’aspect général de la toiture (pente, nombre de pans, matériaux, couleur).

  • On pourra installer une fenêtre de toit

  • On pourra installer des panneaux solaires

Approche urbaine :
  • Respect de l’intégration urbaine des pavillons : Conserver le rapport du bâtiment à la rue (clôture, etc), et son homogénéité avec le reste du quartier.
Bilan :

Les interventions depuis l’extérieur sont ici encouragées. Il faudra veiller à assurer l’interface entre les différentes interventions et en préservant l’homogénéité des ensembles de bâtiments.

Bonnes pratiques de la réhabilitation


A faire absolument :
  • De manière générale, respecter la volumétrie, les alignements. Conserver ce qui caractérise esthétiquement le bâtiment (couleurs, parements, encadrements de fenêtres).

  • Lors de travaux visant à renforcer l’étanchéité à l’air du bâtiment, il est essentiel de préserver l’équilibre hygrométrique des parois. Une ventilation adaptée (ou vérifiée si déjà en place) doit assurer un renouvellement d’air suffisant pour éviter toute accumulation d’humidité. Ce maintien d’un équilibre dynamique entre l’isolation et la ventilation prévient les risques de condensation et de dégradations, comme l’apparition de moisissures.

  • Porter un attention toute particulière à la problématique de la présence d’amiante.

A ne surtout pas faire :
  • Toute intervention structurelle qui serait susceptible de mettre en péril le bâtiment.

Plus d’éléments sur le contexte

Cliquez sur les onglets pour en savoir plus sur ce type de bâtiments :

Eléments de contexte historique sur la construction

Dès les années 1960, l’accession à la propriété devient un objectif central pour les ménages, portée par l’essor économique et par les politiques publiques de soutien au logement. La maison individuelle apparaît comme la formule idéale : symbole de réussite sociale, elle offre indépendance et confort moderne. Souvent standardisée, conçue à partir de plans-types diffusés dans des catalogues ou proposés par de grandes firmes, elle permet de réduire les coûts et de répondre à la demande de masse. Les lotissements se multiplient alors en périphérie des villes : d’abord portés par des initiatives locales ou des coopératives (notamment avec le mouvement des Maisons Castor, où les futurs habitants participaient eux-mêmes à la construction), ils sont rapidement structurés par de véritables promoteurs-lotisseurs, qui viabilisent les terrains et proposent des modèles prêts à construire. Le modèle standard du pavillon de ces années-là reste assez homogène : une maison sur sous-sol ou de plain-pied, de plan rectangulaire, avec un séjour, une cuisine séparée, deux ou trois chambres, une salle de bains unique et un jardin privatif. Cette rationalisation du pavillonnaire illustre le passage de la maison comme bien artisanal et unique à un produit accessible en série, pensé pour la classe moyenne en plein essor.

Implantation urbaine

L’implantation de ces pavillon s’est fait sur chaque commune de la métropole (type très représenté). Aussi bien dans en périphérie des villes que dans les communes rurales. Ils sont très généralement développés en extension urbaine sous forme de lotissements pourvant proposer des ensembles identiques ou des lots plus libres, allant d’une petite dizaine de pavillons à plus de 200.

Représentation sur l’ensemble des communes

Représentation cartographique des pavillons des années 1960-1974 sur la Métropole Rouen Normandie

Représentation cartographique des pavillons des années 1960-1974 sur la Métropole Rouen Normandie

Les analyses statistiques estiment que 23 000 pavillons ont été construits sur l’ensemble de la métropole, soit 21 % du parc de logements actuel (2025).

  • Le pavillon moderniste : Pavillon standardisé de forme compacte avec toiture à 2 ou 4 pans. La place de la voiture prend une importance capitale dans la vie des ménages d’où le garage en sous-sol ou semi-enterré. L’ensemble des pièces est disposé sur 2 à 3 niveaux (sous-sol, RDC, étage(s)), le dernier se situant en combles aménagés. Les façades sont sobres et symétriques, avec un enduit ou parement.

Caractéristiques techniques du type


Pavillon mitoyen

Pavillon mitoyen

Pavillon des années 1960

Pavillon des années 1960

Caractéristiques thermiques et comportement hygrothermique

Performance thermique de l’enveloppe

  • Comportement thermique des pavillons des années 1960 - 1974 :
Inertie Inertie faible, les matériaux n’emmagasinent pas facilement de la chaleur, le bâtiment subi les variations climatiques
Isolation Quasi inexistante, seule la lame d’air fait office d’isolation entre les parpaings et la brique platrière.
Déphasage Le déphasage est mauvais ( de l’ordre de 3-4 heures) ce qui engendre un inconfort hiver comme été surtout pour les pièces sous combles. Par exemple : elles deviennent vite très chaudent en été car la chaleur du soleil qui a pénétré la toiture à 14h est relarguée vers 17h, à un moment où il fait encore chaud.
  • Leviers pour améliorer la performance énergétique du bâtiment (3 points clés permettant d’améliorer la performance de l’enveloppe du bâtiment et qui ne déteriorent pas sa qualité patrimoniale) :
Leviers pour améliorer la performance en hiver Leviers pour lutter contre la chaleur en été

Comportement hygrothermique des parois

Le comportement hygrothermique des parois dépend de leur constitution, notamment des matériaux mis en œuvre :

Matériaux du mur Hygroscopicité Résistance à la diffusion de vapeur (µ) Perméabilité à la vapeur d’eau Capillarité
Parpaing creux béton Faible Forte Faible Faible
Brique plâtrière (cloisons intérieures) Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne
Enduit ciment (extérieur) Très faible Très forte Très faible Très faible
Plâtre (enduits intérieurs) Moyenne à forte Moyenne Moyenne Faible

Confort en hiver

Les aspects participant au confort en hiver :

Volets : Des dispositifs tels que des volets roulants sont souvent présents sur les constructions de cette époque. Les utiliser correctement, c’est-à-dire les fermer la nuit permet d’économiser de l’énergie et d’améliorer le confort thermique.

Proportions d’ouvertures : Les ouvertures ne représentent que 10 à 20% de la surface de murs pour éviter les déperditions trop importantes.

Mitoyenneté : La mitoyenneté par 2 permet d’avoir au moins un mur non déperditif.

Les aspects dégradant le confort en hiver :

Isolation thermique : Les parois sont généralement dotées d’une lame d’air mais pas d’isolant performant. L’isolation de la toiture est médiocre. La température (froide) des parois ne garantit pas vraiment un confort thermique agréable en hiver.

Zonage thermique : Pas d’organisation particulière permettant d’économiser de l’énergie ou de gagner en confort. Au contraire les pièces sous combles mal isolés sont froides.

Ventilation : La ventilation naturelle est combiné à des conduits d’évacuation de l’air vicié qui n’ont pas la performance des VMC. Le tirage est souvent mal maitrisé engendrant de l’humidité et des difficultés à chauffer.

Inertie thermique : Peu d’inertie, les variations climatiques se font facilement ressentir.

Étanchéité à l’air : Les pavillons présentent une faible étanchéité à l’air, en particulier au niveau des menuiseries. Cette perméabilité impacte négativement leur efficacité énergétique et réduit le confort thermique des occupants.

Les aspects variables :

Orientation du bâtiment : L’orientation est très aléatoire et pas forcément optimisée dans un lotissement

Aménagements extérieurs : La végétation autour du bâtiment (lorsqu’elle existe) offre un confort visuel qui participe à se sentir bien dans les bâtiments. Cet aspect souvent négligé peut impacter le confort thermique des occupants. Les haies peuvent protéger certaines façades exposées aux vents.

Confort en été

Les aspects participant au confort en été :

Protections solaires : Les dispositifs tels que des volets roulants, stores ou brise-soleil limitent les apports solaires directs en été, réduisant les risques de surchauffe. Bien utilisés, ces systèmes permettent d’abaisser la température intérieure de 2°C et diminuer les besoins de rafraichissement (éviter d’installer des climatisations).

Proportions d’ouvertures : Les ouvertures ne représentent que 10 à 20% de la surface de murs pour éviter les apports solaires trop importants.

Zonage thermique : Les pièces de nuit sous combles deviennent très inconfortables en période de fortes chaleurs.

Aménagements extérieurs : La végétation autour du bâtiment offre un confort visuel qui participe à se sentir bien dans les bâtiments. Cet aspect souvent négligé peut impacter le confort thermique des occupants. Les plantations hautes procurent de l’ombre et protègent les façades des apports solaires.

Les aspects dégradant le confort en été :

Isolation thermique : Les parois et les combles ne sont pas particulièrement isolés. Ils ne participent pas à limiter la montée en température du bâtiment, ni à conserver la fraîcheur en été.

Inertie thermique : La chaleur entre très vite dans le logement, que ce soit par les murs ou par la toiture qui ont tous les deux une inertie faible.

Ventilation : La ventilation naturelle est combiné à des conduits d’évacuation de l’air vicié qui n’ont pas la performance des VMC. Le tirage est souvent insuffisant en été et induit une surchauffe, en particulier dans les combles.

Étanchéité à l’air : La mauvaise étanchéité engendre des infiltrations d’air indésirables, dégrandant l’efficacité énergétique et le confort thermique en été.

Photothèque

Retour au sommet